dimanche 21 février 2016

Pourquoi tant de crises ?

La crise… Comment échapper au règne de ce mot ? Peu de termes ont été autant utilisés, employés, instrumentalisés, abusés ces dernières décennies. Tout semble subir tôt ou tard une forme de crise, et rien n’échappe à son emprise. Crise de la dette, crise de l’État providence, crise financière, crise économique… Mais aussi crise des migrants, crise des réfugiés, crise écologique, crise de la représentation, crise de la démocratie, crise de la culture, crise civilisationnelle, etc. Mais la crise n’est-elle pas aussi en crise ?

vive-la-crise-1En 1984 – hasard orwellien malheureux –, la chaîne française Antenne 2 (ancêtre de France 2) diffusait une émission qui fit grand bruit : Vive la crise. Sur un décor de film d’entreprise, l’ancienne coqueluche de Marcel Carné et du Salaire de la peur, le chanteur Yves Montand, présentait avec hargne et autorité les nouvelles idées du néolibéralisme. Vive la crise accompagnait alors le tournant libéral de François Mitterrand, avec l’émergence croissante d’un imaginaire néolibéral : réussite individuelle, mythe du self-made man qui réussit héroïquement par sa pure volonté, individualisme concurrentiel, valorisation outrancière des valeurs dites entrepreneuriales, justifications moralisantes des mesures prises par le gouvernement d’alors (libéralisation des marchés, privatisation des grandes entreprises publiques, réductions de la protection sociale, etc.). C’était l’époque de Bernard Tapie, de l’essor du Front national reaganien et du « grand bond en arrière » (Serge Halimi) de nombreux pays passés à droite. L’objectif était simple : rendre la crise excitante, gérer cette dernière afin que le peuple français sorte de ses craintes par rapport à son avenir. Mais la question demeure : peut-on gérer une crise ?

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