lundi 19 décembre 2011

Toussaint ou le catéchisme de l'Union Européenne

Oyez oyez gentes dames et nobles damoiseaux! Venez écouter les prêches enflammés de monseigneur Toussaint (1), l'homme qui se gargarise de sa pompe et étale sa pédanterie à longueur de lignes dans ce médiocre canard ! L'homme qui un jour, sans même éprouver une quelconque honte - on sait depuis Cyrulnik qu'une telle attitude est l'apanage des psychopathes - compara Mélenchon au fasciste Léon Degrelle ...!

Ecoutez-le maugréer du haut de sa chaire de vieux sénile, raconter la faute de ces socialistes "qui ont raté le coche" en défendant leur souveraineté populaire - les voilà repeints en "souverainiste" ! - et de ces peuples, fautifs absolus car après tout, "à qui la faute sinon à tous ces peuples qui, démocratiquement, ont voté, au fil des décennies, de plus en plus à droite et même un peu au-delà" (sic)! Ah, on aimerait tant pouvoir lui rétorquer à ce personnage haut en couleurs - bleu pour le libéralisme, blanc pour sa haine de la démocratie, vert vomi pour l'odeur qui émane de ses propos - que ces mêmes cons de peuples ont voté pour des partis "de gôche" qui ont appliqué les recettes libérales parfois avant même la droite!... Le tournant de la rigueur faisait-il partie du programme commun ? La commission européenne est-elle élue par les peuples européens? Delors n'était-il pas membre du PS? Imbécile !

Peut-être mieux encore, l'ami Toussaint (quel nom approprié pour un curé de l'Union), pour donner une certaine envergure historique à ses propos, s'amusa à citer deux personnages qui se dirent en faveur de l'Europe : Montesquieu et Napoléon. Un libéral et un empereur ! Comment mieux définir le projet politique de l'Union Européenne actuelle, qui n'est rien d'autre qu'un impérialisme libéral poussé à son paroxysme? Voilà qui a dû faire plaisir à son idole le défunt Jean Monet, cet anti-gaulliste primaire qui détestait la démocratie et révérait l'Amérique. On rigolera en lisant sa citation de Napoléon qui parle de confédération, alors que lui se revendique de "l'européisme" (sic) et appelle à plus de fédéralisme.

On ne peut que se remémorer, en lisant les propos claudiquants de Tryphon Tournesol Toussaint, la citation de Saint Augustin: "je crois parce que c'est absurde".
 
(1) http://www.lesoir.be/debats/chroniques/2011-12-16/l-europe-l-europe-l-europe-884311.php